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Phedre3.

Phedre3.

De tout un peu.

Publié le par phedre3

Jean Giono.

Chaque fois que j'ai une grande journée de déprime, je me replonge dans ses descriptions sublimes de la nature qu'il aimait tant. Ce livre m'apaise et aujourd'hui particulièrement avant de m'endormir je vais lire ce passage que j'ai déjà lu  x fois et je l'aime toujours autant :

 

  Les étoiles s'étaient brouillées à l'est et au sud. A d'autres endroits elles avaient disparu derrière les nuages. La pluie marcha dans la lande. Elles soulevait l'odeur de la terre, l'odeur de la pierre, l'odeur des écorces. C'était une pluie mince,  pendue dans le ciel comme un serpent qui danse sur sa queue. Elle touchait trois plantes ici, trois plantes là, là un arbre, là le coin d'un champ, là Marthe sans toucher Jourdan. Puis, le serpent  s'écroulait des hauteurs du ciel, son corps lourd écrasait la terre, les arbres, les feuilles sèches du sous-bois, et on l'entendait là-bas devant se couler dans les-humus bruissants de la forêt. Le vent parlait. C'était un vent laiteux comme tout le reste. Il était plein de formes, plein d'images, de lueurs, de lumières, de flammes qui n'éclairaient pas un centimètre de la terre mais qui illuminaient tout le dedans du corps. Il charriait des mots, comme les pierres dans les torrents. On les entendait sonner. Il disait : montagne, glace, résine de sapin, vallée de I'Ouvèze, avec l'eau, les roseaux, les bauges d'oiseaux prêts à l'amour; les amandiers du fond du plateau sont fleuris; les argilières de Chayes se sont remises en mouvement et l'argile coule lentement vers la vallée; j'ai passé sur de l'argile neuve; il y aura de nouveaux renards, il y avait huit renards, ils vont doubler au moins, la renarde appelle, appelle, appelle depuis trois nuits, mais surtout cette nuit-ci, écoute; attends, je vais voir là-haut - il remontait dans la nuit - le haut du ciel est comme une voûte de cave, tu entends, je frappe de la tête là-haut, et je m'y tourne, et je m'y roule, et me voilà - il redescendait - mais une grande voûte large, avec de vastes pays dessous, pleins d'échos et de remous, et d'arbres et de bêtes vivantes, et d'hommes en route sur des routes et qui m'écoutent en marchant, et ça les porte, et ça les berce, et ils ne pensent plus à des pas qui s'ajoutent à des pas, mais grâce à moi voilà qu'ils voient la voûte du ciel qui contient tout et tout est vivant, tout s'agite doucement dans cette nuit comme une innombrable portée de porcelets roses sous les ventre chaud de la truie.

 

Puis le silence.

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Elpoueto 29/03/2013 18:03


Joyeuses Pâques ...et tous mes bons oeufs de bonheurs!

Elena800 26/03/2013 02:48


J'aime aussi cet écrivain ! Comment vas-tu ? Je pense bien à toi, bisous

Elpoueto 23/03/2013 14:46


Pendant que je fais un tour sur mon blog , Madame est plongé dans une lecture qui la passionne :le derneir lapon" par Olivier truc ...un sperbe livre que j'ai lu moi au lit !